Le Pneu à l’heure du développement durable

 

Si le pneu ne symbolise pas encore le type même de produit écologique, il convient de reconnaître les efforts impressionnants qui ont été réalisés par les grandes marques de pneus pour innover dans le sens du développement durable. Ces efforts se regroupent autour de trois axes principaux, les matériaux utilisés pour sa fabrication, ses performances et son recyclage.

 

L’innovation

 

A tout seigneur tout honneur, rendons tout d’abord à Michelin la primauté de l’innovation dans le domaine du développement durable. C’est en effet dès 1992 que Michelin lançait son premier « pneu vert » sous le nom de gamme « Energy ». En remplaçant le noir de carbone par la silice dans la composition de ses pneus, Michelin permettait ainsi d’économiser 3% de consommation de carburant en réduisant « la résistance au roulement du pneu ». Il est vrai qu’en 1992 la problématique du développement durable et du prix de l’essence étaient moins au goût du jour que ces derniers mois. En 2007, Michelin poursuivait ses efforts d’innovation en lançant « Energy Saver », un pneu vert dont la résistance au roulement était encore réduite de 20 %, permettant ainsi l’économie de 0,2 l de carburant au 100 km et une réduction des émissions de CO2 de 4 g/km.

 

 
D’autres initiatives continuent d’être entreprises par les manufacturiers de pneumatiques. Goodyear travaille ainsi sur de nouvelles générations de pneus qui feront rentrer dans leur composition l’amidon de maïs et présenteront le double avantage de réduire les émissions de CO2 lors de la production des pneus, tout en réduisant la résistance au roulement des gommes et donc la consommation de carburant. Le gain espéré de réduction de CO2 est de plus de 8,2 g/km. Une petite révolution en perspective ?

 

Pirelli réfléchit également en ce sens et a mis en place deux entités spécifiques dédiées au développement durable, les Pirelli Labs et Pirelli Ambiante. Le résultat en est le « Cinturato » , pneu écologique de Pirelli lancé en 2008, qui en réduisant lui aussi de 20% la résistance au roulement diminue les émissions nocives et la consommation de carburant dans des proportions équivalentes à celle de Michelin.

 

Dans un domaine différent mais en rapport avec le développement durable, nous pouvons mentionner la suppression des huiles aromatiques dans la fabrication des pneumatiques, obligation pour tous les manufacturiers à l’horizon 2010 (cf accord de Kyoto) .

Enfin il convient de noter les efforts conjoints des grands manufacturiers qui, en se regroupant pour la récupération des pneus permettent de recycler près de 70 % des pneus commercialisés en France via Aliapur, structure fondée par Bridgestone, Continental, Goodyear, Michelin Pirelli et Kleber.

Les matériaux ainsi récupérés et traités sont ensuite réutilisés dans de nombreuses applications : semelles de chaussures, roues de brouettes, accessoires automobiles, matériaux pour toitures, revêtements de sols pour salles de sports et aires de jeux pour enfants, enrobés bitumineux pour revêtements de routes…

 

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